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Agriculture raisonnée : à se méfier

Qu’est ce que l’ « agriculture raisonnée » ?

« Raisonnée » est l’adjectif qualificatif dérivé de raison. Il laisse à penser que « l’agriculture raisonnée » est « raisonnable ».

 

Ces qualificatifs attrayants sont porteurs d’un message qui rassure :

–         Employer l’adjectif « raisonné(e) » est très évocateur du « bon sens », c’est à dire :

–         Appliquer le raisonnement à ce qu’on fait. C’est, ce qui laisse entendre, appliquer le raisonnement dans la façon de faire le métier d’agriculteur.

–          Dans le mot raisonné, il y a le nom féminin « la raison » qui vient du mot latin « ratio », c’est un argument rationnel destiné à prouver qu’on a raison.

–         Un homme raisonnable, c’est quelqu’un qui est doué du bon sens, et qui est proche de la sagesse, de l’équité, de la logique, du bon sens paysan.

–         Un homme proche de la sagesse : c’est quelqu’un qui a une conduite réfléchie, modérée, et qui a de la retenue.

 

Mais attention, viennent de suite après ces mots plutôt éloquents :

–         Le mot « raisonneur ou raisonneuse » qui est, soit un nom, soit un adjectif, et qui désigne quelqu’un qui veut raisonner sur tout, sans connaître grand chose à tout, et qui fatigue ses interlocuteurs par de longs discours pour expliquer péniblement sans convaincre son raisonnement.

–         Quelqu’un qui fait le « raisonneur », c’est quelqu’un qui réplique sur tout, qui discute contradictoirement le bon sens, c’est un contestataire du bon sens.

 

 

Mais d’où vient cette idée d’une « agriculture raisonnée » ?

Est ce que les hommes qui ont mis ces deux mots côte à côte, étaient portés par un grand raisonnement, faisant appel à la raison, à la sagesse ?

La réponse sera apportée plus loin avec raisonnement !

 

Est ce que les hommes qui ont pris cet adjectif « raisonnée » pour définir un type d’agriculture, étaient portés par un esprit de génie et par un esprit de « bon sens » ?

La réponse sera apportée plus loin avec des explications !

 

Est ce que les hommes qui ont inventé, cette « agriculture raisonnée » étaient doués d’une grande capacité d’analyse et de réflexion ?

La réponse est sans équivoque « OUI »

(vous comprendrez pourquoi en lisant la suite).

Tout d’abord comment, par qui, et d’où, est née cette

« agriculture raisonnée » ?

Non, ce n’est pas par l’initiative d’agriculteurs : ce n’est pas que les agriculteurs n’avaient pas le bon sens, ni le raisonnement, ni la raison, NON : La preuve en est que les agriculteurs ont toutes ces qualités, les purs du terroir, ont lancé « l’Agriculture Biologique », plusieurs décennies avant « l’agriculture raisonnée ».

 

Mais alors, vous voulez savoir, qui ?

Cela  s’est passé au début des années 1980, peut être que c’est oublié pour certains, ou passé inaperçu pour d’autres. Il s’est produit un événement en politique agricole avec de grandes conséquences.

Souvenez vous :

Le Crédit Agricole, la banque des agriculteurs, créée il y a plus d’un siècle, par des agriculteurs eux mêmes pour financer leurs besoins en financements de fonctionnement et leurs investissements professionnels (ou personnels).

Ils avaient alors créé une banque coopérative et mutuelle avec pour objectif : financer le développement de l’agriculture et de la ruralité. Un outil qu’ils ont créé sous la forme coopérative mutuelle, dont le capital social était apporté sous la forme de parts sociales par les adhérents eux mêmes, (dont 1 homme ou 1 femme ont une voix délibérative, quelque soit le nombre de parts qu’il apporte à cette coopérative) qui se réunissaient en assemblées pour voter et pour élire des représentants locaux et ensuite former un Conseil d’Administration, qui élit, un bureau qui gère, et un président qui représente la banque devant les tiers.

 

A l’époque les banques traditionnelles qui étaient spécialisées, pour les besoins des citadins et des industriels, et en investissements immobiliers et industriels, ne savaient pas s’adapter aux besoins du monde rural. Les agriculteurs et les artisans ruraux étaient un monde inconnu pour ces banques.

C’est alors que la banque coopérative mutuelle, le Crédit Agricole, a pris rapidement de l’ampleur, car elle était seule à intervenir dans un espace en plein développement du fait du plan « Marshal » pour le développement de l’agriculture, et de l’arrivée de la mécanisation agricole.

Une agriculture qui se transformait en agriculture chimique dite maintenant conventionnelle. Admirez le glissement sémantique !

Evidemment une banque en pleine expansion ne pouvait pas être dirigée que par des agriculteurs élus, même si certains en auraient eu les compétences, ils avaient leur travail d’agriculteurs et ils ne pouvaient pas disposer de temps suffisant pour en assurer la direction totale.

C’est avec sagesse, que les membres des Conseils d’Administration, ont recruté des hommes formés au métier de Directeurs de Banque pour diriger le « Crédit agricole ».

 

Mais très vite, ces directeurs, dont les intérêts étaient différents de ceux des adhérents, leurs employeurs, se sont trouvés à l’étroit dans le rôle de directeur d’une banque rurale.

Il faut savoir qu’à l’époque la banque « Crédit Agricole Mutuel » n’était pas autorisée à installer un bureau dans les villes dites non rurales. Le Crédit agricole était contraint par la loi de la République à limiter ses interventions de banquiers, aux habitants du milieu rural, mais en contre partie, le Crédit Agricole apportant un service de proximité à ce milieu rural, et apportant ainsi une mission qu’on pouvait dire d’utilité publique à l’Etat français. Ce dernier lui accordait des privilèges en matières d’impositions fiscales, pour compenser les surcoûts liés au fait d’ouvrir des guichets de banque dans des villages ruraux peu rentables, où les banques classiques refusaient d’aller.

 

Ces directeurs, dont leurs rémunérations étaient basées sur le chiffre d’affaire réalisé, n’en voyaient que par la croissance de l’activité bancaire de leur banque, et pour cela très vite, ils ont compris qu’il fallait faire sauter ce verrou leur interdisant d’installer un bureau de Crédit agricole dans les villes de toutes tailles. D’autant plus que les zones rurales se dépeuplaient au profit des villes. Les jeunes ruraux préféraient aller travailler à la ville et y habiter.

Ces directeurs ont convaincu, certains responsables paysans, administrateurs de la banque le Crédit Agricole, pour négocier avec les hommes politiques de l’époque l’autorisation d’implanter des bureaux de banque crédit agricole dans toutes les villes quelle qu’en soit la taille.

Mais les banques traditionnelles voyaient l’arrivée du Crédit Agricole sur leur territoire d’un mauvais œil. Elles ont agité le drapeau de la « concurrence déloyale ».

En effet, les banques traditionnelles étaient des banques formées par des capitaux privés, qui en conséquence étaient fiscalisées à taux pleins sur leurs activités bancaires, alors que la Crédit agricole avait des privilèges de défiscalisation.

Le Crédit Agricole avait aussi un autre privilège que les banques traditionnelles n’avaient pas à l’époque, c’est qu’il était la seule banque française à pouvoir distribuer des « prêts bonifiés » (1) à taux d’intérêt très intéressants quand on sait qu’en ces temps les taux d’intérêts bancaires classiques étaient très élevés.

 

Il s’en suivit à la fin des années 1970 un rapport de force puissant s’opposant à l’arrivée du Crédit Agricole dans les villes.

Mais les directeurs du Crédit Agricole, n’en démordent pas, il leurs faut à tout prix, obtenir du gouvernement français, l’autorisation d’installer des bureaux de banque dans les villes.

Alors ils argumentent devant les membres des Conseils d’Administration, pour obtenir leur autorisation et leur accord afin de donner satisfaction aux revendications des banques traditionnelles des villes, à savoir supprimer les motifs de l’argument de « concurrence déloyale » en faisant accepter par le Crédit Agricole l’abandon de ses privilèges de défiscalisation.

 

Il restait encore un frein législatif et politique, c’est que selon les statuts coopératifs et mutuels et le principe 1 homme = 1 voix délibérative, quelque soit le volume apporté par l’adhérent, cette fiscalisation de l’outil coopératif était incompatible légalement.

 

Alors, ces directeurs du Crédit Agricole, ont trouvé une formule géniale (enfin géniale, pas si géniale que ça, lorsqu’on regarde ses conséquences).

Cette formule jusqu’alors inédite c’est :

Transformer la coopérative mutuelle en une structure mixte, moitié coopérative, moitié société anonyme.

Cette solution bâtarde permettait d’allier 2 systèmes économiques totalement opposés, d’un coté une société regroupant des valeurs humaines et de l’autre coté une société qui réunit des capitaux anonymes sans que l’on sache à qui ils appartiennent.

Qui pouvait penser que 2 mondes totalement opposés pouvaient s’unir ? Personne sauf les directeurs du Crédit Agricole qui avaient un argument de taille pour faire accepter cette aberration à leurs Conseils d’Administration respectifs :

En effet, financer l’implantation de bureaux de banque Crédit Agricole dans les villes allait nécessiter beaucoup d’argent. Aussi l’argument de faire financer les investissements, induits par l’entrée de la banque Crédit Agricole dans les villes, par des capitaux autres que par les capitaux provenant directement ou indirectement des parts sociales des adhérents coopérateurs ruraux, était un argument fort pour convaincre les Conseils d’administration de voter cette formule bâtarde.

Ces arguments du fric sont toujours forts et mènent le monde:

D’une part ça ne vous coûtera rien puisque ce sera financé par des apports en capitaux nouveaux provenant de l’extérieur, d’autre part même si vous perdrez quelques sous par une défiscalisation supprimée, vous y gagnerez beaucoup plus par des supers profits qui seront réalisés par les futures activités bancaires des bureaux de banque de ces villes.

Ces arguments du fric, utilisés par les directeurs du Crédit Agricole ont fini par convaincre les Conseils d’Administrations de la coopérative le Crédit Agricole.

 

Alors les arguments des banques traditionnelles des villes, qui agitaient le drapeau « concurrence déloyale », n’existaient plus, et celles ci n’avaient plus d’argument pour s’opposer à l’entrer du Crédit Agricole dans les villes. Restait le privilège des « Prêts bonifiés », mais il tenait peu, puisque d’une part ces prêts ne concernaient pas les citadins mais que l’agriculture voire la ruralité, et d’autre part, en ces temps aucune banque traditionnelle s’y intéressait. C’est seulement ultérieurement que quelques unes ont  revendiqué le droit d’en distribuer.

 

Restait à convaincre les politiciens pour obtenir une loi qui reconnaisse ce nouveau statut du Crédit Agricole qui passerait d’un statut de coopérative mutuelle, à un nouveau statut mixte où se côtoient, 50% de capital social coopératif où 1 homme = 1 voix délibérative, et 50% de capital anonyme où l’homme est inconnu, la voix délibérative est déterminée par une quantité d’argent  anonyme.

 

Cette bataille fut gagnée par les directeurs du Crédit Agricole, au début des années 1980, par une loi votée par le législateur français.

 

C’est de cette mutation de la banque le Crédit Agricole

que sont nés des slogans très évocateurs.

 

 

Et oui, le Crédit Agricole avait perdu son bon sens, en devenant mi coopérative, mi société anonyme. Alors sont apparues, dans toutes nos campagnes françaises, des affichettes financées par le Crédit Agricole, avec les slogans évocateurs suivants:  « Le Crédit Agricole c’est le bon sens près de chez vous. », « Le Crédit Agricole c’est la banque verte. »…

 

Ces slogans publicitaires, n’étaient pas pris comme cela par hasard, non, ils avaient été raisonnés, réfléchis par des visionnaires expérimentés.

Non seulement pour camoufler une situation de NON SENS expliquée ci dessus. Mais surtout ils étaient porteurs d’espoirs et de sens, ils étaient porteurs d’un message de proximité et d’écologie, et ils prédisaient l’avenir.

 

Le « BON SENS » n’est ce pas raisonner avec la raison, n’est ce pas faire intervenir le bon sens paysan, n’est ce pas exprimer la sagesse, n’est ce pas respecter la nature ?

 

La banque « VERTE » est ce que le mot « VERT » n’exprime pas l’écologie, la protection de la nature, de l’environnement, et un retour aux sources et au naturel, ainsi qu’aux bienfaits de ce qui est vert donc naturel. « Près de chez vous », est ce que cette expression ne vous rappelle pas d’autres expressions très actuelles, comme : « privilégier la proximité », « favoriser les circuits courts » etc. ?.

Mais alors qui à l’époque avait autant d’expérience et de savoir en communication pour mettre en avant des slogans aussi évocateurs et précurseurs de l’avenir ?

 

Les agriculteurs membres des Conseils d’administration du Crédit Agricole coopérative ? NON pas par manque de lucidité, au contraire, mais parce qu’ils se seraient exprimés autrement avec leurs mots de la campagne.

 

Les directeurs du Crédit Agricole, NON, ils avaient une formation de banquiers, pas de visionnaires, ni de spécialistes de la communication.

 

Qui d’autres ?

Et bien, qui sont ces personnes anonymes cachées derrières ces 50% de capitaux anonymes, qui sont devenues un contre pouvoir très puissant dans les décisions d’orientation du Crédit Agricole ?

Qui le sait ? Elles sont anonymes donc sans visage, et sans nom.

 

Alors posons nous la question : qui avait intérêt à prendre du pouvoir dans une instance comme le Crédit Agricole ?

Vous et nous ? NON, les agriculteurs ? NON ils étaient déjà porteurs de parts sociales.

 

Qui d’autres ? Réfléchissons ensemble sur les enjeux qui sont joués par le Crédit Agricole :

 

Le Crédit Agricole, c’est une banque qui du fait qu’elle finance les besoins en capitaux des agriculteurs pour financer leurs « avances aux cultures » et leurs investissements, peut influer très fortement sur un type d’évolution de l’agriculture.

 

Disposer du FRIC c’est le pouvoir de décider, d’orienter, de contraindre.

Donc le crédit agricole dispose du FRIC et peut décider, orienter, contraindre, favoriser ou défavoriser certains types d’agriculture.

 

Ce pouvoir du FRIC, le crédit agricole l’a sur les agriculteurs, mais pas seulement, il l’a aussi sur l’artisanat et le commerce rural, mais il l’a surtout sur les infrastructures agricoles (entreprises privées ou coopératives) qui interviennent sur toute la chaîne alimentaire:

–         Soit pour les approvisionnements des agriculteurs en semences, en engrais, en désherbants, et autres produits chimiques etc.

–         Soit pour la collecte, le stockage et la commercialisation des récoltes.

–         Soit les artisans et industriels qui conditionnent, transforment, emballent, mettent en état de produits alimentaires commercialisables.

–         Soit sur l’agroalimentaire industriel en construction et en plein développement pour remplir les rayons des supers marchés grandissants.

 

Mais les interventions du Crédit Agricole, sur les orientations agricoles, ne se limitent pas à ce seul pouvoir direct sur le FRIC. Le Crédit Agricole intervient également dans diverses organisations administratives agricoles, en y siégeant de droit par droit de vote d’un ou plusieurs de leurs représentants, par exemple : dans les comités techniques SAFER, dans les Commissions Départementale des Structures agricoles, dans les Chambres d’Agriculture etc.

Nous pouvons comprendre que le Crédit Agricole a un pouvoir très important sur les orientations agricoles.

Alors, qui avaient des intérêts particuliers à prendre le pouvoir au Crédit Agricole, en devenant propriétaires de ces actions anonymes ?

 

Des personnes ou plutôt des « lobbies » dont l’activité marchande est liée au monde agricole, et qui ont un intérêt économique à orienter l’agriculture vers une agriculture très consommatrice de leurs bisness.

 

Mais qui sont ces « lobbies » ? Principalement :

–         Ceux qui détiennent le monopole des semences.

–         Ceux qui détiennent le monopole de la pétrochimie.

 

 

 

Revenons à l’agriculture raisonnée.

 

Pourquoi avoir fait ce détour par ce changement de statuts intervenu au Crédit Agricole ?

 

Parce que c’est de cela (de ces lobbies) qu’est né un courant ou nébuleuse qui a créé ce mouvement créateur de l’ « l’agriculture raisonnée ».

 

D’ailleurs regardez de plus près, vous constaterez que les précurseurs de ce mouvement étaient pour la majorité des responsables élus aux Conseils d’Administration du Crédit Agricole, ou pour quelques uns des sympathisants ou membres de leurs familles.

 

Ce n’est pas un hasard, NON, c’était un instrument mis en place avec intelligence et réflexion par les lobbies, qui avaient vu naître et se développer « l’Agriculture Biologique ».

Et lesquels dès ces années 1970, 1980, contre vents et marées, à l’époque, avaient compris que cette agriculture BIO allait, dans un avenir plus ou moins lointain, devenir porteuse d’un marché et être très demandée par les consommateurs.

De plus ces lobbies avaient compris, que de nombreux agriculteurs dans ces années là, (environ un tiers des agriculteurs) commençaient à se rendre compte qu’ils étaient entrain de se faire prendre dans une spirale et devenaient la proie des lobbies.  De plus en plus d’agriculteurs montraient une volonté de retrouver leur indépendance et certains d’entre eux avec cette volonté d’éviter ce piège de la dépendance aux lobbies, se sont tournés dès cette époque vers l’Agriculture Biologique, qui montrait une autre voie possible.

 

Alors ces mêmes lobbies ont vite compris, qu’il fallait vite réagir, pour conserver leurs marchés grandissants et très juteux de la pétrochimie destinée à l’agriculture.

 

Il fallait tuer le poussin dans l’œuf, c’est à dire tuer vite cette Agriculture Biologique naissante.

Les moyens, ils les avaient acquis en s’infiltrant dans la banque le Crédit agricole, ainsi, ils avaient trouvé des portes paroles qui paraissaient neutres donc persuasifs.

 

Il restait à mettre en place une stratégie pour tuer dans l’œuf cette agriculture biologique naissante. Et cette stratégie, ils l’ont construite sur deux axes différents :

–         Premier axe : Faire donner à l’Agriculture Biologique une image très négative et répugnante, c’était faire passer le message que l’Agriculture Biologique représentait le mal, et qu’il fallait l’éviter, elle pouvait être dangereuse. Souvenez vous de cette époque, certains colportaient que les agriculteurs reconvertis à l’Agriculture Biologiques, faisaient partie d’une secte méchante. Ce message était inspiré par ces lobbies.

–         Second axe : Sachant que de toute façon, l’avenir allait être porté par une poussée citoyenne grandissante commercialement et politiquement, d’une volonté de rapprochement avec la nature, avec le naturel, avec le besoin de retour aux sources, le besoin de manger plus sain pour protéger la famille, le besoin de protéger l’environnement, etc, ces mêmes lobbies avaient compris dès la fin des années 1970 que les consommateurs allaient demander une autre agriculture. Il était évident que même marginalisée l’Agriculture Biologique renaîtrait sous une autre forme. Alors, ils ont mis en place un mouvement d’agriculteurs partisans de l’agriculture chimique dont les apports en produits de l’industrie chimique seraient optimisés au maximum. C’est à dire optimisés pour en améliorer le rapport quantité de chimie et le rendement économique.

 

Les bases étaient posées, il fallait mettre en place un outil de « subversion » pour troubler et renverser cette vérité établie. Il restait à trouver un nom évoquant la bonne conscience des futurs consommateurs. Pas difficile, ils avaient su faire pour promouvoir le Crédit Agricole, il suffisait de reprendre les mêmes termes évocateurs de bon sens, de raisonnable, de sagesse, de modération, d’un savoir faire irréprochable, d’une approche du métier d’agriculteur plus réfléchie, voire plus logique.

La formule était prête, c’était « l’agriculture raisonnée » avancée pour contrer l’Agriculture Biologique, voire supplanter celle-ci.

 

 

Alors comment mettre en place cette agriculture raisonnée, pour faire subversion ?

 

Ils (ces lobbies de la pétrochimie) ont vite compris qu’il fallait créer un mouvement pour promouvoir cette soit disant « agriculture raisonnée ».

Pour eux c’était facile, il suffisait de mettre autour d’une table, eux mêmes et leurs sympathisants, à savoir : les professionnels de l’agrofourniture, des industries agroalimentaires, de la distribution alimentaire, dont l’UNIFA (Union des Industries de la fertilisation), avec le soutien d’AXMA (le syndicat des industriels de l’agroéquipement) et des membres de la banque Crédit Agricole, tous à coté de quelques agriculteurs qu’ils ont trouvé parmi les élus et sympathisants du Crédit Agricole. Et parmi ce groupe de penseurs il y avait en tête un représentant du très connu « MONSANTO »

 

Avec cet objectif de faire subversion à l’Agriculture Biologique montante, ils font d’abord de la promotion de leur « projet d’agriculture raisonnée », auprès des agriculteurs très performants en agriculture intensive très consommatrice de leurs produits chimiques.

Ce fut un peu difficile de convaincre et de rassembler des agriculteurs autour de ce projet, mais de fil en aiguille, ils y arrivent et ce n’est qu’en 1993, qu’une association loi 1901, nommée « FARRE » ( ) fut déposée officiellement en France, avec soit disant 1000 membres, mais en réalité il n’y avait pas plus de 100 agriculteurs au niveau national, les autres membres étant les représentants des lobbies intéressés par les objectifs de ce projet associatif.

L’objectif principal, c’était : Faire reconnaître par un cadre légal « l’agriculture raisonnée » pour faire subversion à « l’Agriculture Biologique » qui faisait de l’ombre aux lobbies de la pétrochimie.

Certains ont dit et écrit qu’ils avaient le soutien privilégié de la FNSEA (le Syndicat Agricole le plus puissant), en fait ce n’est pas vrai, sauf que certains agriculteurs membres de cette association « FARRE » provenant du Crédit Agricole étaient aussi adhérents voire responsables d’une FDSEA ou de la FNSEA (mais ils n’y représentaient pas la FNSEA, qui ne s’est pas prononcé sur ce mouvement).

Le soutien le plus important qu’ait obtenu cette association « FARRE »,  est venu d’un Président de la République Française. Monsieur Jacques Chirac, souvenez vous, c’était un gros mangeur de bonne bouffe, enfin il aimait la bouffe issue de l’agriculture chimique, ce n’est pas sa faute, il n’avait pas eu de formation sur la bonne bouffe. Dommage qu’il n’ait pas demandé de conseils à José Bové, peut être que ça lui aurait évité une fin de vie tourmentée par une maladie avec des perte de mémoire.

 

Et c’est avec ce CONCOURS au plus haut niveau national,  que l’association « FARRE » réussit le coup de force d’obtenir un cadre légal de reconnaissance de l’ « agriculture raisonnée », voté par les législateurs français le 10 mai 2001, puis publié au « Journal Officiel » le 28 avril 2002.

 

 

 Mais alors quelle type d’agriculture se cache

derrière ce concept

Agriculture raisonnée ?

 

Nous savons tous, maintenant qui est à l’origine de la création de l’ « agriculture raisonnée »

Nous savons aussi quel en était leur objectif :

Faire subversion à l’agriculture Biologique montante, qui démontre qu’une autre agriculture sans utilisation des produits chimiques est possible et peut nourrir le monde.

Et se substituer à l’Agriculture Biologique, pour continuer à gagner encore plus d’argent en vendant aux agriculteurs leurs pétrochimies etc.

 

Nous avons bien compris qui est derrière cette « agriculture raisonnée » et leur objectif de subversion.

 

 

Mais alors, ils disent avoir un point commun,

avec l’Agriculture Biologique :

à savoir qu’ils protègent tous les deux l’environnement,

à la différence qu’eux ils autorisent l’utilisation des produits chimiques, et que après avoir consulté le règlement de l’agriculture raisonnée,

vous constaterez qu’il n’y a aucune contrainte à respecter,

hormis un rappel à la législation qui est en vigueur

pour tout agriculteur conventionnel chimique.

 

En effet, alors voyons ensemble, sur quels critères ils ont obtenu cette reconnaissance de l’ « agriculture raisonnée ».

 

La réglementation de l’Agriculture Biologique est très sévère, très réglementée, et très contraignante.

 

Quelle est la réglementation imposée à l’ « agriculture raisonnée » ?.

D’abord nous constatons que les agriculteurs pour être reconnus en « agriculture raisonnée », ne sont pas soumis à des contraintes précises d’un cahier des charges comme les agriculteurs en « Agriculture Biologique »

Les agriculteurs de l’ « agriculture raisonnée » doivent respecter un « référentiel national de l’agriculture raisonnée » qui a fait l’objet d’un premier arrêté du 30 avril 2002 et publié au Journal Officiel le 4 mai 2002. Puis il a fait l’objet d’arrêtés modificatifs en date du 20 avril 2005, publié au Journal Officiel du 28 mai 2005, et du 5 février 2007, publié au Journal Officiel du 14 février 2007. Remarquons que tous ces arrêtés ont été fait sous la Présidence de Jacques Chirac, et que le dernier était peu de mois avant la fin de sa Présidence.

Regardons son contenu et comparons avec la législation en vigueur pour tout agriculteur conventionnel:

 

1°) CONNAISSANCE de l’EXPLOITATION et de son ENVIRONNEMENT

Se tenir informé de l’évolution des techniques et des connaissances,

Se former aux techniques les plus adaptées au système de production,

Former et sensibiliser les salariés aux pratiques de l’agriculture raisonnée,

Intégrer l’exploitation agricole dans une démarche globale prenant en compte son contexte socio-économique et son environnement.

Rien de plus que dans l’exigence nationale

2°) TRACABILITE des PRATIQUES :

Enregistrer les interventions effectuées sur l’exploitation,

Conserver et classer les documents relatifs à la gestion de l’exploitation et des pratiques agricoles

Afin d’améliorer les techniques agricoles et d’en assurer la traçabilité.

Rien de plus que dans l’exigence nationale

 

3°) SANTE et SECURITE au TRAVAIL.

Informer les personnes travaillant sur l’exploitation,

Sur les bonnes conditions en matière de santé et de sécurité au travail et les former de manière adéquate.

Rien de plus que dans l’exigence nationale

 

4°) GESTION des SOLS

Préserver sur le long terme la fertilité et la qualité des sols

Lutter contre l’érosion des sols par des pratiques appropriées.

Rien de plus que dans l’exigence nationale

 

5°) FERTILISATION MINERALE et ORGANIQUE

Gérer les effluents d’élevage de façon à les valoriser d’un point de vue agronomique et à réduire leur impact sur l’environnement. 

Réduire les risques de pollution du milieu naturel par les fertilisants en équilibrant la fertilisation, et en adaptant les pratiques concernées.

Que des conseils sans contraintes, l’exigence nationale est plus précise et restrictive.

 

6°) PROTECTION des CULTURES

Raisonner ses pratiques de protection des cultures en utilisant les méthodes culturales disponibles, en choisissant les variétés les plus adaptées, en ne faisant usage des produits phytosanitaires que lorsque cela est nécessaire et justifié et en fractionnant, de manière adaptées, les traitements, de façon à minimiser les quantités.

Réduire les risques liés à l’usage de produits phytosanitaires pour l’homme et pour l’environnement.

Seulement que des conseils, sans obligation et sans contrainte. Et un rappel à la législation en vigueur pour tous les agriculteurs conventionnels.

 

7°) L’IRRIGATION

Participer à une gestion économe et équilibrée des ressources en eau, en adaptant et en minimisant les apports sur la culture en fonction des besoins de la plainte et des conditions climatiques et en réduisant les risques de pollution du milieu.

Encore des conseils, sans obligation ni contrainte. Avec un rappel de la législation en vigueur pour tout agriculteur.

 

8°) IDENTIFICATION des ANIMAUX et des PRODUITS. 

Respecter le système national d’identification des animaux et assurer la traçabilité de l’origine, de l’âge, de la race et de la catégorie de tous les animaux de l’élevage. 

Un rappel de la législation en vigueur, rien de plus.

 

9°) SANTE des ANIMAUX

Respecter le plan de prophylaxie et les contrôles sanitaires exigés et assurer la traçabilité de tous les traitements appliqués sur les animaux.

Ne recourir à l’administration de médicaments vétérinaires que sur la base d’un suivi vétérinaire régulier et adapté à chaque type d’élevage.

Un rappel à la législation en vigueur, rien de plus.

 

10°) ALIMENTATION des ANIMAUX

Alimenter les animaux de façon saine et équilibrée, en respectant leur psychologie et les règles de sécurité sanitaire et d’hygiène préconisées et en prenant en compte, dans le choix des modes d’alimentation, les conséquences environnementales des déjections.

Assurer la traçabilité des animaux, qu’ils soient produits sur l’exploitation ou achetés à l’extérieur.

Des conseils et un rappel à la législation en vigueur pour tout éleveur

 

11°) BIEN-ETRE des ANIMAUX.

Veiller au bien être des animaux en respectant leur psychologie, en satisfaisant leurs besoins alimentaires, en aérant correctement leurs bâtiments et en les maintenant dans un état physique satisfaisant.

Des conseils et un rappel de la législation en vigueur pour tout éleveur.

 

12°) HYGIENE

Respecter les règles de sécurité sanitaire et d’hygiène.

Des conseils et un rappel de la législation en vigueur pour tout agriculteur.

 

13°) GESTION des DECHETS de l’EXPLOITATION.

Trier et éliminer les déchets produits sur l’exploitation de manière à éviter toute détérioration des milieux, en participant aux collectes spécifiques lorsqu’elles existent.

  Des conseils et un rappel de la législation en vigueur pour tout agriculteur.

 

14°) PAYSAGES et BIODIVERTE

Contribuer à la protection des paysages et à la biodiversité.

Des conseils et un rappel à la législation en  vigueur sans aucune contrainte complémentaire.

 

 

  

Maintenant que vous connaissez mieux l’ « agriculture raisonnée », qui est à l’initiative de sa création et dans quel but elle a été créée, vous pourrez répondre vous mêmes aux questions qui ont été laissées sans réponse au début de cette biographie sur l’ « agriculture raisonnée ».

 

Ces questions étaient :

 

Est ce que les hommes qui ont mis ces deux mots côte à côte, étaient portés par un grand raisonnement, faisant appel à la raison, à la sagesse ?

Réponse : Ils avaient une grande lucidité pour défendre leurs intérêts financiers

 

Est ce que les hommes qui ont pris cet adjectif « raisonnée » pour définir un type d’agriculture étaient portés par un esprit de génie et par un esprit de « bon sens » ?

Réponse : C’étaient des précurseurs de l’avenir, ils avaient compris avant d’autres dès 1970 que les consommateurs se tourneront vers l’Agriculture Biologique, qui ainsi prendra des parts de marché de leurs clients qui sont les agriculteurs conventionnels chimiques.

 

 

 

Maintenant en conclusion, vous pouvez répondre

à la première question posée en entête :

Qu’est ce que « l’Agriculture raisonnée » ?

 

N’est ce pas un « MIROIR aux alouettes, un piège invisible, bien camouflé sous une bonne couche de confiture alléchante ?

 

Pour attirer quoi, qui ?

 

D’une part les consommateurs soucieux d’une alimentation plus saine et plus naturelle, qui se soucient de protéger l’environnement et la planète. Il y a une volonté délibérée de la part des créateurs de l’agriculture raisonnée de détourner les consommateurs de l’Agriculture Biologique.

 

D’autre part, aussi, les agriculteurs qui se posent des questions environnementales, qui refusent d’entrer ou de rester dans ce système de dépendance économique de l’agriculture conventionnelle, et qui veulent proposer une alimentation plus saine et plus goûteuse, etc.

Il y a une volonté manifeste de la part des créateurs de l’agriculture raisonnée de les empêcher de se tourner vers l’Agriculture Biologique et ainsi de pouvoir les conserver comme bons clients bons consommateurs des produits chimiques de la pétrochimie.

 

L’AGRICULTURE RAISONNÉE veut détourner consommateurs et agriculteurs de l’AGRICULTURE BIOLOGIQUE.

 

Evidemment qu’un certain nombre de ces agriculteurs, qui tombent dans ce piège, ne sont pas tous des tricheurs, et qu’un certain nombre sont de bonne volonté et épousent cette agriculture raisonnée avec l’intention de bien faire, et que certains d’entre eux pratiquent cette agriculture raisonnée dans le respect des demandes des consommateurs et dans le respect de notre planète.

 

Mais expliquez à ces derniers qu’ils sont tombés dans un piège, et qu’ainsi ils soutiennent les semenciers comme MONSANTO et la pétrochimie, et qu’ils soutiennent aussi tous les agriculteurs qui sous ce label « agriculture raisonnée » pratiquent de l’agriculture conventionnelle chimique, légalement puisque la législation sur l’agriculture raisonnée n’a guère plus de contraintes que la législation générale sur l’agriculture conventionnelle chimique.

 

Maintenant vous pouvez parler de l’agriculture raisonnée autour de vous, vous avez des arguments forts et concrets qui sont incontestables.

A vous tous et toutes de propager ces connaissances.

 

 

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