Le littoral et l’arrière-pays

Tourisme et Loisirs – Le littoral et l’arrière-pays

Georges Cingal, président Fédération SEPANSO Landes

Jean-Pierre Lesbats, secrétaire général Fédération SEPANSO Landes

 

 

L’observation depuis le ciel amène une esthétique rare du fait même qu’il est difficile de la réaliser. Le succès d’une émission de télévision bien connue en apporte la preuve. Le littoral landais n’a pas échappé à cette projection esthétique qui sert toujours de fond d’illustration des plaquettes des offices de tourisme des communes littorales. Disons-le clairement le cliché est magnifique ; La nature y est sublimée. Toutefois un bémol s’impose : le cliché reste un cliché et la réalité du terrain se vit les pieds sur terre.

            Ainsi, marketing passé, les vacances sont une opportunité pour découvrir de nouveaux horizons. Or les Landes sont très attractives pour tous ceux qui vivent dans des espaces très artificialisés. Ceux qui viennent en masse dans notre département sur la période estivale impactent l’environnement. Les décideurs sont donc confrontés à un casse‑tête : accueillir les touristes tout en protégeant les milieux naturels, casse‑tête d’autant plus ardu que l’immense majorité souhaite un accès facile à l’océan.

            La Fédération SEPANSO Landes, depuis sa création milite pour que les sites d’accueil ne soient pas à proximité immédiate de l’océan, d’une part parce qu’il est stupide de faire des investissements très près de l’océan dans la mesure où la côte est souvent victime d’érosions (marine et éolienne) et d’autre part parce qu’il est indispensable de conserver un caractère sauvage à notre paysage dunaire (de plus en plus rare en Europe méridionale). Nous avons prôné des pistes cyclables et des navettes pour que vacanciers puissent accéder facilement aux plages. Quoi de plus triste que ces habitations désertées ? N’aurait-il pas mieux valu développer les bourgs existants ? Si l’on ne refait pas l’histoire, il conviendrait tout de même de tirer les leçons des erreurs passées…

            Le littoral : enjeux

            La Fédération SEPANSO Landes bataille ferme pour la protection du littoral. Heureusement diverses lois (Littoral, Eau…), règlements et directives (DCSMM, Eau, Eaux de baignade, Habitats…) ont fourni des outils de protection. Même si les Landes ne sont pas les plus mal loties, il reste encore du chemin à faire :

         zéro rejet au port à l’horizon 2020 : des investissements et vite !

* accueil des déchets dans les ports
* installation dans le port de Bayonne de systèmes de dépollution des citernes et ballasts : des investissements et vite !
* arrêt du rejet en mer de sédiments pollués
*   réduction des rejets de produits chimiques.

            Faut-il encore rappeler que la Directive Cadre Stratégie pour le milieu marin (2008/56/CE du 17 juin 2008) nous impose de parvenir au bon état écologique des eaux marines en 2020.

            Malheureusement les mauvaises habitudes qui ont été prises perdurent comme nous avons pu nous en rendre compte lors des Assises de la Mer et du Littoral. La Fédération SEPANSO Landes et France Nature Environnement devront encore mobiliser beaucoup d’énergies pour que l’environnement soit respecté, y compris par ceux qui ont la charge de le faire respecter.

            A terre, il faut encore se battre sur la côte pour faire respecter la Loi Littoral (que certains élus nationaux voudraient « simplifier » !) ou la Directive Habitats.

            Sans avoir la prétention de faire un inventaire exhaustif, la SEPANSO Landes, avant de devenir Fédération SEPANSO Landes, avait réalisé des études dans le but d’obtenir la protection de divers sites : Courant d’Huchet, Marais d’Orx, étang de Moïsan, plaine de Pigeon … Diverses zones ont été classées en réserves naturelles (Courant d’Huchet, Etang noir, Marais d’Orx), puis en zones Natura 2000 au titre de la Directive Habitats ou de la Directive Oiseaux : Zones humides de l’arrière dune du pays de Born, Dunes modernes du littoral d’Arcachon à Mimizan, dunes modernes du littoral landais de Mimizan-Plage à Vieux-Boucau, Dunes modernes du littoral landais de Vieux-Boucau à Hossegor, Dunes modernes du littoral landais de Capbreton à Tarnos. Zones humides du Marensin (Etang de Léon, arrière dune, zones humides de Moliets, La Prade et Moïsans), Zone humide de l’ancien étang de Lit & Mixe, Zone humide du métro à Tarnos. Nous participons au suivi des ces sites (Comités de Pilotage). La valeur patrimoniale de nos sites est indéniable. Il faudrait d’ailleurs protéger encore davantage divers secteurs qui présentent des caractéristiques remarquables (dunes paraboliques en particulier) au sens de la loi littoral.

            Il faut reconnaître que la tâche n’est pas facile pour les gestionnaires qui doivent jouer les gendarmes pour que les touristes ne marchent pas n’importe où sur la dune fragile qu’ils dégradent lentement mais sûrement.

            Le plan plages qui devait permettre de maîtriser les afflux de touristes a nécessité de nouveaux aménagements.

            Nous sommes à la peine … même si certaines de nos préconisations ont été reprises par certaines communes : mise en place de navettes, dynamisation des bourgs…

L’arrière-pays : une économie a élaborer pour contrebalancer.

            Par contre le tourisme rural connaît des hauts et des bas. La création du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne n’a rencontré qu’un succès d’estime. Il y a certes des inconditionnels qui apprécient l’accueil, les gîtes, les pistes, les animations…

            C’est ce tourisme qui permet d’introduire une épaisseur au temps d’échange et de partage sincères — si productif de culture — entre les locaux et les visiteurs qui devrait être plus important car nos terroirs, qu’il s’agisse de la haute lande, de la Chalosse, de l’Armagnac, du Gabardan … ont une histoire (fontaine d’eau chaude à Dax, dame de Brassempouy…), un patrimoine (écomusée de la Grande lande, écomusée de l’Armagnac, écomusée de la Marquèze …)  et des atouts sociologiques (produits locaux, course landaise…).

            Le patrimoine naturel n’a rien à envier au littoral. Il suffit de regarder la liste des sites Natura 2000 et surtout l’étendue de ceux-ci pour être vite convaincu : Adour Amont, Adour Aval, champs de tir de Captieux et du Poteau, Ciron, Gélise, Midou-Ludon, Midouze, pelouses du Tursan, vallée des Leyre.

            Loin du stéréotype d’une forêt landaise qui s’est répandue à l’époque où les gens peinaient, souvent dans des bouchons, sur la nationale 10, le visiteur découvre des pays avec des différences architecturales, des caractéristiques géologiques surprenantes, des recettes originales (pastis divers …)… Mais il est vrai que des vacances réussies, cela suppose des efforts réciproques (de la part des touristes comme de la part des Landais !).

            C’est probablement ce tourisme qui s’inscrit le mieux dans une perspective de développement durable. La Fédération SEPANSO Landes s’efforce, dans la mesure de ses moyens, de faire connaître le département, ne serait-ce que lors de la participation de ses membres à des réunions nationales ou européennes. Mais le tourisme rural ne réussira que si les Landes parviennent à maintenir des services publics de qualité dans ses villages et dans ses bourgs.

 

Pour aller plus loin :

Un ouvrage de référence :

Dictionnaire historique des Landes, Philippe Soussieux, 830 pages, Etudes landaises 2012

Et la visite de sites Internet :

http://www.tourismelandes.com/decouvrir

http://www.voiesvertes.com/htm/departement40.htm

http://www.landes.org/les-sentiers-randonnees

http://www.landes.jedecouvrelafrance.com/d-3-20.a-visiter.html

 

 

 

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